A propos des Bas-reliefs Urbains…

En enfermant les mots dans un sens unique, on limite parfois la communication ; en leur donnant un trait universel, on les révèle.

Les mots qui se dévoilent dans mes « Bas-reliefs Urbains » ne sont pas vecteurs de théories mais des signes parmi une multitude, chacun en possède une interprétation libre et chacun est libre de les posséder.

Ainsi, un enchevêtrement de lignes est né, une calligraphie personnelle qui ne serait qu’un jeu…mouvement et traces…le reflet d’un langage. L’écriture s’efface, il n’en demeure que son rythme, l’importance de parler à l’intellect sans lisibilité, dans une communication immédiate et spontanée.
Seule la perception des mots demeure, leur ombre révélée par la lumière.
L’Image des mots donne une nouvelle Image, une œuvre.
Ils ne sont pas vides de sens, du moins, je ne le désirerais pas, mais l’expression d’un témoignage, le geste pour relier.
Au service des lignes, il y a la matière.

Souvent, à la rassurante matérialité de la peinture se substituent des matériaux simples, des matériaux ordinaires, une épuration des options, la pauvreté chromatique d’une palette de couleurs sobres qui affronte, parfois, la luxuriance d’une gamme abondamment colorée. En y associant le verre, le caractère illicite du graffiti urbain est détourné. Le verre est utilisé comme d’autres utilisent le néon, simplement pour élargir les conventions de la matérialité d’un support, pour le jeu d’oppositions encore, pour la lumière simplement…Le verre parfois protége les mots d’un écrin transparent, en imposant au graffiti, inscription dans le mur, l’intemporalité d’une œuvre, je le fais échapper au recouvrement, du moins, je l’espère.
Si l’homme, dans ces « Bas-reliefs Urbains », est peu figuré, sa trace est cependant inscrite, gravée… des signes calligraphiés qui deviennent des codes
Loin de penser comme Barbara Kruger que « nous sommes obligé de voler le langage », mes mots sont offerts, à d’autres de s’en saisir. Je ne minimise pas les considérations esthétiques, je reconnais à l’art les questions intrinsèques portant sur le goût.

Toutes ces réalisations sont, en fait, loin d’une approche anti-esthétique ou conceptuelle, elles forment une œuvre spontanée et pourtant sous contrôle.