Installation "Après la Nuit", pour Pascal - Exposition Musée de Romans Novembre 2016-Avril 2017

Flottant entre réel et imaginaire, des nuages de verre, interaction entre lumière et matière, plongent d’emblée le visiteur au cœur de mon questionnement sur la finitude de l’homme, sa vulnérabilité.

Monochromes, entre transparence et  opacité, les sculptures de fils de verre focalisent ombre et lumière, le verre nous emmenant au-delà de la transparence.

Ces œuvres suspendues, d’apparence fragile, sont interconnectées, en compositions d’équilibre.

Si la sculpture est affranchie du sol, elle ne l’est pas du plafond auquel elle s’arrime pour ne pas dériver.
Ces graphies de nuages, de brumes et de brouillards, forment un espace où se projettent mes pensées, fruits de ma perception du monde, de la fuite du temps. Un état entre tangible et imperceptible, entre concret et vain, entre ombre et lumière, entre terre et paradis…entre la vie et la mort.

Le thème de l’ombre est forcément lié à celui du temps qui passe.Apprivoiser l’ombre, c’est aussi apprivoiser le temps puisque l’une dépend étroitement de l’autre.

La projection de l’ombre sur le mur d’accrochage fait partie intégrante de l’œuvre : «Après la nuit».  
L’ombre provoque un dédoublement des sculptures.
De l’apprivoisement de l’espace et de son conditionnement résulte une fusion entre l’œuvre et son contexte d’exposition. Cette lumière et cette ombre, en les frôlant, sont seules révélatrices de mes sculptures froissées, embrumées et glacées.

L’incolore des nuages est la symbolique de valeurs de pureté, de légèreté, de fragilité, de l’inaccessible… Il s’oppose au noir du charbon, évocation du feu, de la terre, du proche. Il s’oppose à la lumière du néon, évocation de la connaissance, du premier feu offert par la première foudre, de l’émotion procurée par le danger immédiat de la brûlure, promesse de chaleur, la reconnaissance d’une offrande venue du ciel, apportant le savoir, la sortie des ténèbres. 

 

L’illustration sonore qui accompagne cette réalisation est une composition de Gérard Maimone. On y retrouve tous les thèmes évoqués plus haut, le cristal des gouttes, la menace des grondements forts du tonnerre, l’évocation de la nature tour à tour clémente ou hostile et le souffle de l’homme fragile, vulnérable et paradoxalement endurant qui ne rêve que de s’affranchir du néant.