Arlette LANGMANN Exposition "Éloge de la Fragilité"- Musée de Romans

Fragiles nous sommes…

Un être cher perdu, un chagrin d’amour, une guerre, un incendie, parfois une simple parole entendue réveillant des fantômes, un souvenir douloureux enfoui, nous dévastent, nous abattent comme un arbre, nous brisent comme du verre… Altérant notre esprit, notre chair.

Mais la force incroyable, insoupçonnable, qui est en nous êtres humains, notre capacité fabuleuse de résistance aux épreuves, l’instinct de vie si fort qui nous habite au cœur même du désastre, bref, cette vitalité originelle qui nous constitue, nous permet de nous restaurer patiemment avec le temps, de rebondir, nous laissant étonnés les premiers de notre résurrection.

 Mais restera toujours une ombre, une trace indélébile de ce chagrin surmonté. Une sorte de radar qui nous signale un possible danger, une possibilité de rechute. Cette trace de fragilité inscrite en nous à jamais, nous permet de mieux nous connaître, de nous découvrir parfois, et de tendre à nous préserver.

 L’artiste lui, merveilleux privilège, homme ou femme d’instinct, éponge perméable à tout l’univers, puise dans son tourment une nouvelle inspiration, et renait de ses cendres comme le Phoenix, en accouchant d’une œuvre inattendue.

 Ainsi, bois noirs, bois calcinés, souvenirs témoins de la violence d’un feu qui détruisit l’atelier de l’artiste, côtoient la lumière de nuages de verre légers, délicats, mouvants, étincelants.

 Les uns figurant un passé sombre, l’incendie ravageur

Les autres l’espoir en l’avenir, la recherche de la lumière et d’un bonheur éthéré et fragile… suspendu à un fil.

 Par sa sensibilité, par son talent, en recueillant les vestiges de l’incendie dans les décombres pour créer une œuvre d’art, Véronique Ognar a été plus forte que le feu : elle a eu le dernier mot. 

 

Arlette Langmann